Choisir sa moto, l'entretenir, bien s'équiper et rouler : guides pratiques et conseils …

Choisir ses gants de moto
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Choisir ses gants de moto

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Les gants sont, après le casque, le seul autre équipement obligatoire à moto. En cas de chute, les mains touchent le sol en premier par réflexe. Choisir ses gants revient à protéger des dizaines d’os fins et de tendons, tout en gardant la finesse de commande au levier. Voici les repères qui comptent vraiment.

Une obligation légale depuis 2016

Le port de gants homologués est imposé par le décret n°2016-1232 du 19 septembre 2016, entré en vigueur le 20 novembre 2016. La règle vise tout conducteur et passager de moto, scooter, tricycle, quadricycle et cyclomoteur, sans distinction de cylindrée. Seuls les véhicules équipés de ceintures de sécurité et de portières y échappent.

Rouler sans gants conformes expose à une contravention de troisième classe. L’amende forfaitaire s’élève à 68 euros, minorée à 45 euros en cas de paiement rapide, et majorée jusqu’à 180 euros. S’ajoute le retrait d’un point sur le permis, sauf si l’infraction est commise sur un cyclomoteur. Le passager risque la même amende, sans perte de point.

Au-delà de la sanction, l’enjeu est concret. Une glissade à 50 km/h suffit à arracher la peau des paumes jusqu’à l’os. Le casque garde la priorité absolue, comme le rappelle notre guide pour bien choisir son casque de moto, mais les gants ferment la deuxième brèche évidente d’un équipement.

Reconnaître l’homologation CE

Tout gant moto vendu en Europe doit répondre à la norme EN 13594:2015. Ce texte définit les critères qui font d’un gant un équipement de protection individuelle, et non un simple accessoire. Les essais portent sur la résistance à l’abrasion, à la déchirure, à l’éclatement et à la coupe, points de rupture les plus courants lors d’un frottement sur le bitume.

Sur l’étiquette cousue, repérez le pictogramme de la moto suivi du sigle EN 13594. À côté figure un chiffre qui indique le niveau de protection. Ce marquage est votre seule preuve face aux forces de l’ordre. Ne découpez jamais cette étiquette, sous peine de rendre le gant invérifiable lors d’un contrôle.

La norme distingue deux niveaux de performance :

  • Niveau 1 : résistance minimale à l’abrasion de 4 secondes, pour un usage urbain et trajets courts.
  • Niveau 2 : résistance d’au moins 8 secondes, taillé pour la route, l’autoroute et la vitesse.

Un troisième repère mérite l’œil. La mention KP, pour Knuckle Protector, signale la présence d’une coque rigide sur les métacarpiens, au dos de la main. Cette protection des articulations est optionnelle dans la norme, mais elle change tout lors d’un choc frontal contre un trottoir ou un rétroviseur.

Attention à une confusion fréquente. Un gant de travail, de jardinage ou de ski, même en cuir épais, ne porte jamais le marquage moto. Il n’a subi aucun des tests d’abrasion prévus par la norme et reste sans valeur lors d’un contrôle, comme en cas de glissade. Le label cousu n’est pas un détail administratif : il garantit que la matière tiendra le temps d’une chute réelle.

Adapter ses gants à la saison

Un seul gant ne couvre pas l’année entière. Les besoins en été et en hiver s’opposent presque point par point, et beaucoup de motards possèdent deux paires pour cette raison. Le critère qui tranche reste la température réelle d’utilisation, pas le calendrier.

Le gant d’été privilégie la ventilation et la souplesse. Cuir perforé ou textile aéré laissent passer l’air pour éviter la main moite, source de fatigue et de perte de précision. La protection ne disparaît pas pour autant : les bons modèles estivaux gardent une coque et des renforts aux paumes, là où le sol mord en premier.

Le gant d’hiver mise sur l’isolation et l’étanchéité. Une membrane coupe-vent et imperméable maintient les doigts au chaud et au sec, condition d’une commande fine des leviers par temps froid. Les doigts gourds réagissent mal, et un freinage hésitant par 3 °C devient dangereux. Comptez une doublure thermique et des poignets longs qui recouvrent la manche du blouson.

La contrepartie de l’hiver est la perte de sensation. Plus un gant isole, plus il épaissit, et plus le toucher aux commandes s’émousse. Les modèles soignés compensent par un cuir fin à la paume pour garder le contact avec les leviers, tandis que le dos concentre l’isolation. C’est l’équilibre à chercher : assez chaud pour tenir une longue sortie, assez précis pour doser frein et embrayage sans hésiter.

Pour les trajets courts au printemps et à l’automne, un modèle mi-saison polyvalent suffit souvent. Ni trop chaud ni trop fin, il dépanne sur la majorité des sorties tempérées. Les sous-gants en soie ou en matière technique étendent encore son confort lors des matinées fraîches, sans investir dans une paire d’hiver complète.

Cuir ou textile, que choisir

Le cuir reste la référence en abrasion. Sa résistance au frottement dépasse celle de la plupart des textiles, et il épouse la main au fil des kilomètres. Son défaut tient à l’eau, qui le rigidifie en séchant, et à un rodage parfois rêche les premiers jours. Pour la route sportive et la haute protection, il garde une longueur d’avance.

Le textile technique, à base de fibres synthétiques renforcées, séduit par sa légèreté et son entretien facile. Associé à une membrane, il assure une étanchéité que le cuir n’atteint jamais seul. Beaucoup de gants modernes combinent les deux : cuir aux zones de glisse, textile aux soufflets pour la souplesse. Cette association tire le meilleur de chaque matière.

Quel que soit le matériau, surveillez les coutures. Un gant de qualité protège ses fils par un retournement ou un double piquage, car une couture qui lâche ouvre la protection au pire moment. Les renforts à la paume, sur la tranche de la main et entre le pouce et l’index trahissent un modèle pensé pour la chute, pas seulement pour le style.

Trouver la bonne taille

Un gant ne protège que s’il tient comme une seconde peau. Pour mesurer votre tour de paume, repliez légèrement la main sans serrer le poing, puis passez un mètre ruban autour de la paume, pouce exclu. Le chiffre obtenu en centimètres donne directement votre taille de référence dans le système universel.

Les morphologies courantes se répartissent sur une fourchette connue. Chez l’homme, le tour de paume va le plus souvent de 19 à 27 cm ; chez la femme, de 15 à 23 cm. Une main de 22 cm correspond ainsi à une taille 9, ou L selon les marques. Attention : chaque fabricant applique son propre patronage, et une taille L ne se vaut pas d’une marque à l’autre.

L’essayage tranche les cas limites. Une fois le gant enfilé, les doigts doivent toucher le bout sans buter, et la paume rester libre de tout pli qui gêne la prise. Le cuir se détend de quelques millimètres à l’usage : visez un ajustement ferme au départ pour un cuir, plus précis encore pour l’hiver où une marge de 2 à 3 mm laisse circuler le sang. D’autres pièces de l’équipement complet sont passées en revue dans la rubrique équipement et sécurité.

Les erreurs qui coûtent cher

Certains réflexes d’achat sabotent une paire pourtant correcte sur le papier. Le premier est de tout miser sur le prix bas. Un gant à quelques euros sans étiquette homologuée n’offre aucune garantie de tenue, et l’économie disparaît dès la première glissade qui laisse la peau sur le bitume.

Choisir trop grand est une autre faute classique. Un gant flottant tourne sur la main au moment du choc, expose les coutures et perd sa coque de protection au mauvais endroit. La tentation de prendre une taille au-dessus pour le confort se paie en sécurité. Mieux vaut un ajustement ferme qui se détend légèrement qu’une enveloppe lâche dès le départ.

Acheter en ligne sans connaître ses mesures mène souvent au même piège. Une paire renvoyée et rachetée fait perdre du temps et de l’argent, là où trois minutes de mètre ruban suffisent à viser juste. Quand le doute persiste entre deux tailles, l’essai en boutique reste le seul juge fiable, surtout pour un cuir qui se rode différemment selon les marques.

Négliger les poignets revient enfin à laisser une faille béante. Une fermeture efficace, par sangle ou par serrage élastique, empêche le gant de s’arracher quand la main racle le sol. Un poignet court qui s’ouvre au moindre frottement annule l’intérêt du reste. Vérifiez ce système de maintien autant que la coque, car c’est lui qui garde le gant en place quand tout va vite.

Entretenir ses gants pour qu’ils durent

Un gant bien entretenu garde ses qualités de protection plusieurs saisons. Le cuir réclame un nettoyage doux à l’éponge humide, puis un nourrissant adapté une à deux fois par an pour rester souple. Évitez la source de chaleur directe au séchage, radiateur ou soleil, qui craquelle la fibre et fragilise les coutures.

Le textile se lave plus simplement, souvent à l’eau tiède savonneuse, en respectant l’étiquette pour ne pas abîmer la membrane. Laissez toujours sécher à l’air libre, doigts vers le bas. Remplacez une paire dès qu’une couture s’ouvre, qu’une coque se fissure ou qu’une chute a sollicité la matière : un gant fatigué donne une fausse assurance, et c’est précisément ce qu’un motard prudent ne s’autorise jamais.